Omar Sy dénonce : "les violences policières sont l'affaire de tous"

Omar Sy dénonce les violences policières en France et se sent très concerné, ayant lui-même vécu des situations de délit de faciès et autres discriminations, l'acteur originaire de Trappes déclare "Les violences policières sont l"affaire de tous"

Omar Sy dénonce : "les violences policières sont l'affaire de tous"

Omar Sy dénonce les violences, le racisme et la brutalité de la police française dans un entretien accordé à L'Obs, parue jeudi 11 juin. Le comédien se joint au combat d'Assa Traoré afin d'obtenir, la vérité concernant la mort de son petit frère Adama.

Omar Sy qui est originaire de Trappes en région parisienne, demande au gouvernement de poser des gestes forts et concrèts.

Omar Sy dénonce les violences policières

Situation inquiétante

Omar Sy qui est habituellement très discret sur ses opinions politiques, a décidé de prendre la parole sur ce sujet extrêmement sensible et capital pour lui, que sont les violences policières.

En effet, depuis la mort de George Floyd, cet américain noir qui a été tué par un policier blanc, la situation devient très inquiétante. Omar Sy lui se félicite de constater que la parole se libère enfin. 

Omar Sy interviewé dans L'Obs

L'affaire de tous

Il commence par évoquer les enquêtes qui ont révélé que des policiers tenaient des propos racistes, sexistes, homophobes, complètement illégaux sur des groupes de discussion Whatsapp et Facebook.

Omar Sy débute en disant : "Ce que nous dénonçons ne relève donc pas du fantasme. On n'invente pas des monstres. La peur existe. Je suis pour le débat et l'échange, mais je ne comprends pas qu'on remette en question le ressenti des gens, les violences policières sont l'affaire de tous". estime l'acteur.

Omar Sy dénonce le racisme des policiers

Vivre avec la peur

Omar Sy sait parfaitement bien qu'il serait lui-même la cible de commentaires haineux, en dénonçant le racisme et la brutalité de la police française. D'ailleurs il répond au passage à tous ceux qui lui reprochent d'avoir fui la fiscalité française.

"Qu'ils se renseignent sur la fiscalité californienne. Je paie des impôts en France, et je rappelle que je suis citoyen français et, à ce titre, il me semble que j'ai le droit d'appeler à la justice. J'ai vécu certaines choses que je n'oublierai pas. Que des enfants continuent dans les quartiers populaires de vivre aujourd'hui la peur que j'ai connue hier me dérange, oui. Rien n'a changé", rappelle-t-il.

Omar Sy dénonce les brutalités policières

Délit de faciès

Omar Sy poursuit : "J'ai subi de trop nombreux contrôles au faciès. C'était il y a plusieurs dizaines d'années. J'ai vu aussi des proches pleurer leur enfant, mort après avoir croisé le chemin des forces de l'ordre. C'était il y a cinq ou six ans. J'ai encore suivi l'affaire Adama Traoré.

Il ajoute : "C'était il y a quatre ans. Je connais le poids de cette douleur, je connais ce sentiment d'illégitimité sous lequel les parents ploient quand il s'agit de demander justice. Je connais ce silence coupable auquel on les renvoie, je connais cette injonction sourde à faire profil bas qui décuple les souffrances", dénonce ainsi l'acteur Omar Sy, qui soutient le combat d'Assa Traoré.

Omar Sy dénonce la brutalité de la police française

Un symbole

"Depuis quatre ans, elle lutte sans faillir pour obtenir des réponses que la justice lui doit à propos de la mort de son petit frère Adama, décédé après un violent contrôle de police en 2016. À ce titre, elle fait du nom d'Adama un symbole qui résonne fort aujourd'hui", déclare Omar Sy, qui compare cette affaire à celle de George Floyd.

Omar Sy soutient l'affaire Adama Traoré

"Ces deux hommes sont morts entre les mains des forces de l'ordre. Tous deux se sont plaints de ne plus pouvoir respirer. Dans les heures qui ont suivi ces deux drames, les autorités ont conclu avec empressement à une défaillance cardiaque de chacune des victimes. C'est toujours le même processus à l'oeuvre", dénonce l'acteur.

Quant à ceux qui s'efforcent de séparer les deux affaires, Omar Sy croit qu'ils ne veulent qu'éviter la seule question qui compte : "Est-ce que la mort de ces deux hommes est juste ?"

Omar Sy attend désormais des "actes forts" de la part du gouvernement.