Didier Raoult : "On a mal soigné les gens" Si on m'avait écouté !

Le très controversé Professeur Didier Raoult déclare qu'il y aurait eu "deux fois moins de morts", si la gestion de la crise sanitaire avait été bien organisée. Il sera entendu mercredi 24 juin 2020 par la commission parlementaire

Didier Raoult : "On a mal soigné les gens" Si on m'avait écouté !

"On n'a pas assez soigné les gens". Voici la déclaration du professeur Didier Raoult qui revient s'exprimer lors une interview dans "La Provence". Le professeur marseillais ajoute même qu'il y a eu une surmortalité. 

Nouvelles déclarations de Didier Raoult

La peur de la peur

Il déclare également que : "Depuis le début, je le dis, j’ai peur de la peur". Didier Raoult reparle de la mauvaise gestion de la crise sanitaire en France, liée au coronavirus.

Aux yeux du professeur, la pandémie a été uniquement gérée par la peur ajoutée d'une trés mauvaise gestion médicale.

Didier Raoul

"On n'a pas assez soigné les gens"

"Parmi ces morts, plus de la moitié l’ont été, non pas en raison de la mauvaise gestion médicale, ni du Covid, mais du bordel qu’on a foutu dans la santé, car en pratique on n’a pas soigné les gens", affirme Didier Raoult.

Le célèbre professeur marseillais poursuit son argumentation en expliquant que les autorités sanitaires se sont laissées déborder et qu'elles n’étaient pas prêtes à l’arrivée d’une telle vague, et ont été terrifiées parce que la moyenne d’âge est importante :

"À force d’avoir peur des risques, on n’arrive plus à les gérer", conséquences "une surmortalité". estime-t-il.

Didier Raoult

Surmortalité

Il poursuit en ajoutant : "Si on n’avait pas eu peur, on aurait eu deux fois moins de morts, si on m’avait écouté, on aurait eu deux fois moins de morts". Didier Raoult est convaincu que son discours a été inaudible, en ne manquant pas de rappeler que la surmortalité a été d'après lui quatre fois plus élevée à Paris que dans les Bouches-du-Rhône.

Cette très  mauvaise organisation sans préparation est liée également, à l’absence d’un "véritable programme réfléchi sur le devenir de la recherche hospitalière et médicale". Assure le professeur.

Didier Raoult

Relance du débat

Didier Raoult en profite pour relancer le débat sur la recherche en France et la défaillance de l’Etat dans ce domaine. Sans cesse mis en cause pour son style hors norme mais aussi pour ses méthodes de communications, le médecin  assure avoir fait faire des économies à "l’Assistance publique", dont lui-même n’a pas vu un sou :

"En pratique, la recherche médicale est payée par l’industrie pharmaceutique", clame le docteur, et il ajoute : “Alors que les maladies infectieuses, cela devrait être un domaine régalien", martèle encore Didier Raoult. "C’est de la défense nationale. " Il appelle à la création de "sept infectiopoles en France".

 Pour Didier Raoult, le conseil scientifique a été défaillant et n'a pas fait les choix appropriés dans la gestion de cette crise :

Didier Raoult gestion de crise défaillante

Des chiffres ou des fantasmes ?

"Si cela avait été un vrai conseil scientifique, on aurait fait des sondages dans quatre ou cinq endroits pour mesurer la cinétique de l’épidémie. On aurait eu des chiffres plutôt que des fantasmes", lance-t-il.

Il explique aussi, avoir été l’un des premiers à définir, grâce à des dépistages, que l’épidémie serait en forme "de cloche". 

"Les pieds nickelés"

Avec son habituel humour trés froid et cynique, il considère que la gestion de la crise a été selon lui parasitée par "les pieds nickelés". Ils se sont acharnés à travailler sur le Remdesivir, un antiviral envisagé comme traitement du Covid-19 :

“Il n’y en avait que pour le Remdesivir, s’insurge-t-il. "Je n’ai jamais vu ça". Didier Raoult ne manque pas de revenir aussi sur cette fameuse polémique concernant l’étude qui fut très controversée sur l’hydroxychloroquine publiée dans "The Lancet".

Le résultat de cette publication avait entraîné une totale interdiction d'utiliser la molécule contre le covid-19.

Didier Raoult polémiques sur son traitement

Faute gouvernementale

“La plus grande faute gouvernementale ne concerne pas les décisions sur la chloroquine. Ils ont été embarqués dans une histoire dont ils n’arrivaient plus à se sortir, dans l’émotion, ils étaient dans la surréaction".

"En revanche, on a fait tout l’inverse de ce que l’on doit faire dans le traitement des maladies infectieuses”, conclut le professeur Didier Raoult.

Le professeur marseillais, mercredi 24 juin 2020, sera entendu par la commission parlementaire et devra répondre aux questions sur la gestion de la crise du coronavirus.