Didier Lallement, les patients en réanimation n'ont pas respecté le confinement

Didier Lallement accuse les malades en réanimation de ne pas avoir respecté le confinement, il revient sur ses propos très critiqués sur les réseaux sociaux, puis s’excuse

Didier Lallement, les patients en réanimation n'ont pas respecté le confinement

Le préfet de police de Paris Didier Lallemend  a établi ce vendredi matin au micro de BFMTV un parallèle entre les personnes qui dérogent au confinement et les malades du Covid-19 en réanimation.

"Pas besoin d'être sanctionné pour comprendre que ceux qui sont aujourd'hui hospitalisés, qu'on trouve dans les réanimations, sont ceux qui au début de la mise en place du  confinement ne l'ont pas respecté. Il y a une corrélation très simple", a-t-il déclaré. 

Le préfet Didier Lallement crée la polémique

C’est très simple !

Puis, de manière à appuyer son discours, le préfet de police établit un lien direct entre les malades du Covid-19 actuellements en réanimation et les personnes ayant enfreint les mesures de l'application du confinement.

"Je le dis très simplement à ceux qui persisteraient dans leurs intentions stupides : nous serons là au départ, pendant le trajet et à leur arrivée. Evitez les ennuis, évitez des verbalisations répétitives qui vous concerneront vous et l’ensemble de vos passagers".

 Cette petite phrase du préfet de police de Paris Didier Lallement a pris tout le monde de court ce vendredi matin.

Le préfet Didier Lallement crée la polémique

Lors d’un point presse retransmis ce vendredi 3 avril au matin sur l’antenne de BFMTV, le préfet de police Didier Lallement a directement menacé les habitants de la capitale désireux de quitter la ville, alors que les vacances de Pâques commencent ce soir dans la zone C.

8 270 fonctionnaires et militaires seront mobilisés tout au long du week-end pour assurer le contrôle des entrées et sorties de Paris. "Nous ne baissons pas la garde, nous continuons à être vigilants et efficaces" scande Didier Lallement, qui prévient : "Pour ceux qui échapperaient à nos contrôles sur Paris et l’Île-de-France, ils rencontreront d’autres forces de police tout au long de leur trajet".

Le préfet Didier Lallement crée la polémique

Le représentant de l'Etat était présent en début de matinée, porte d'Orléans, à Paris, pour une opération de police qui visait à empêcher les départs dans le cadre de la période des vacances de Printemps.

Celle-ci débute officiellement samedi pour la zone Île-de-France mais les autorités ont été claires : aucun voyage n]est autorisé, en raison du confinement lié à la propagation du coronavirus.

Ces propos ont déclenché de nombreuses réactions outrées, notamment le Pr Frédéric Adnet, chef du Samu de Seine-Saint-Denis, qui, sur BFMTV, dénonce une prise de parole "scandaleuse" et appelle Didier Lallement à la démission.

Le préfet Didier Lallement crée la polémique

"Ce propos du préfet est inexact, réagit de son côté l’entourage du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, cité par BFMTV. Ce qui est vrai, c’est que le respect du confinement est un enjeu majeur de santé publique"

Par communiqué, la préfecture de police de Paris a par la suite indiqué que Didier Lallement regrette les propos tenus ce matin : "Son intention n’était pas d’établir un lien direct entre le non-respect des consignes sanitaires et la présence de malades en réanimation".

Didier Lallement avait été interrogé dans la matinée dans le cadre d'une opération de contrôle visant à empêcher les Parisiens de quitter la ville, à la veille des vacances de printemps pour la zone Île-de-France. A cette occasion, le préfet de police avait également annoncé des contrôles renforcés durant le week-end, avec 8277 fonctionnaires et militaires mobilisés à Paris.

Le préfet Didier Lallement crée la polémique

"C'est inadmissible de dire des choses pareilles ne reposant sur aucun élément scientifique ou épidémiologique et stigmatisant pour des gens qui souffrent et sont victimes d'une maladie grave", confie Jean-Daniel Lelièvre, épidémiologiste à l'Institut Mondor de recherche biomédicale.

"Les modes de contamination sont suffisamment variés et complexes pour qu'on ne puisse pas dire cela. Pour l'affirmer, il faudrait, a minima, une enquête. Là, c'est dur à entendre car cela ne repose que sur des probabilités" renchérit Stéphane Gayet, infectiologue et hygiéniste au CHRU de Strasbourg.

Le préfet Didier Lallement crée la polémique

Contacté par le Parisien, l'entourage d'Edouard Philippe et  du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner reconnaît également que ce propos polémique du préfet de police est inexact.

Dans un communiqué de presse publié ce vendredi, Didier Lallement regrette ses propos : "Son intention n'était pas d'établir un lien direct entre le non-respect des consignes sanitaires et la présence de malades en réanimation", poursuit la préfecture de police.

Le préfet Didier Lallement crée la polémique

Des travailleurs contraints de ne pas respecter le confinement

Jeudi soir, 6399 patients infectés par le coronavirus étaient en réanimation dans toute la France. Les régions Grand Est et Ile-de-France sont les deux plus touchées. Avant son rétropédalage, la phrase du préfet présupposait que ces cas seraient essentiellement des personnes contaminées depuis le déclenchement du confinement, alors qu'elles y étaient soumises.

Or, on trouve aussi des individus contraints de travailler (des livreurs ou des médecins, par exemple) et qui n'ont pas eu d'autre choix que de ne pas respecter toutes les règles du confinement.

Et des individus aujourd'hui en réa ont très bien pu être contaminés avant le confinement - pour rappel, la période d'incubation du virus peut aller jusqu'à deux semaines, et la durée moyenne de la prise en charge en réanimation pour le Covid-19 est de deux semaines, selon la fédération hospitalière de France.