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Comprendre la crise des 25 ans

Surnommée « Crise des 25 ans » ou « Blues du quart de vie », cette période charnière entre l’âge de 25 et 30 ans bouscule les rêves d’enfants et laisse entrevoir les réalités de la vie. Décryptage de ce cap, pas toujours évident à passer, avec Elisabeth Couzon, psychothérapeute.

 

La crise des 25 ans, cest quoi ?

On parle souvent de la période de l’adolescence, plus ou moins difficile à traverser, mais souffler sa 25ème bougie et avancer doucement mais sûrement vers la trentaine, peut aussi s’avérer être un cap à passer. C’est le moment où l’on commence à entendre de la part de son entourage « Ah le quart de siècle ! Alors ça fait quoi ? Tu ne te sens pas trop vieux ? Ca fait quoi d’avoir 25 ans ? » Avoir 25 ans, ça peut « faire mal », mais ça peut aussi être insignifiant pour certains.

Aussi appelée « le blues du quart de vie », cette période charnière est le moment où l’on quitte le nid familial, les bancs de l’école. Il faut désormais s’assumer, gagner sa vie, couper le cordon avec ses parents, et commencer sa vie d’adulte… 

Comme l’explique Elisabeth Couzon, psychothérapeute, « cet âge-là est aussi source d’angoisse chez les filles qui n’ont pas de petit ami. La peur de ne pas être casée à temps, d’être une Catherinette ».

Il y a aussi la pression sociale que l’on n’avait pas avant : certains amis se marient ou ont un enfant. C’est alors la panique, on se met la pression, « Quand est-ce que ce sera mon tour ? Et si je finissais toute seule ? ». Comme le précise Elisabeth Couzon, « nous sommes exactement dans la même problématique que celle de la personne de 40 ans qui n’est pas en couple, et qui désire un enfant. Sauf que là, à 25 ans l’horloge biologique ne joue pas. ».

On peut noter également une différence entre garçons et filles : il y a encore de l’insouciance chez beaucoup de garçons à 25 ans, ils ne cherchent pas forcément à se caser, alors que les femmes cherchent une sécurité affective… Elles peuvent alors vivre des déceptions, car fille et garçon ne sont pas toujours sur la même longueur d’ondes à cet âge-là.

C’est aussi l’âge où il y a une perte des illusions, on se retrouve face aux réalités de la vie, il y a forcement un réaménagement de son « moi » et de ses idées. Souvent la remise en question dans le domaine affectif s’accompagne d’une remise en question professionnelle : on a beau avoir fait des études brillantes, parfois on peut vivre la désillusion du premier travail, que l’on a trop idéalisé ou que l’on ne trouve pas… Nos rêves de grandes carrières se retrouvent alors bouleversés. 

Tout se bouscule : instabilité émotionnelle et affective, nombreuses frustrations, sentiment d’insécurité, angoisses existentielles, insomnies, stress lié à la situation économique actuelle, découragement en cas d’échecs, ennui car on se sent vide de sens, l’impression d’avoir un deuil à faire « de la fin de sa jeunesse »…

« Il y a un changement des problématiques, un réajustement à faire qui passe par un réaménagement psychique au niveau de son identité et de son moi. Les idéaux de jeunesse sont mis à rude épreuve, il y a alors une recherche de sens à tout ça. », précise la spécialiste.

La génération des « enfants rois » n’est pas épargnée : ils ont peu été confrontés à la réalité jusque-là, on leur a passé tous leurs caprices, le choc avec « la vraie vie » est d’autant plus violent.

C’est aussi le moment où les difficultés de l’adolescence qui n’ont pas été résolues remontent. Une personne qui n’a pas réglé une souffrance au sein de la fratrie, un mal-être à l’école, un complexephysique, se verra de nouveau confronté à ces problématiques.

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