Si vous connaissez une personne qui souffre d'anxiété, voici 9 choses qu'il faut ABSOLUMENT que vous sachiez.

Je souffre de problèmes d'anxiété. Quand je dis ça, ça ne veut pas dire que je me ronge les ongles ou que j'ai tendance à être un peu stressé quand je vais chez le dentiste, non. Je souffre de troubles anxieux, il m'arrive d'avoir des accès de panique complètement irrationnels et j'ai passé le plus clair de mon existence d'adulte à tenter de comprendre et de contrôler cet aspect de moi-même. 

Voici 9 choses que je voudrais que tout le monde puisse comprendre, comme par magie, à propos de l'anxiété et de ceux qui vivent avec cela.

@via communication soignante


 

1. L’anxiété vient parfois sans raison

 

Pour ceux qui traversent la vie sans problème d’anxiété, les émotions sont relativement prévisibles et ont une certaine logique : quelque chose vous arrive ou est susceptible de vous arriver, et en réponse vous ressentez de la peur. Mais pour une personne qui souffre de crises d’angoisse, cela ne se passe pas comme ça. Parfois, une petite chose peut avoir des répercussions incontrôlables dans notre tête, jusqu’à devenir complètement disproportionnée par rapport à la gravité réelle de la situation.

 

2. Les crises d’anxiété ne sont pas logiques et notre comportement n’est pas rationnel… Et croyez-nous, nous en sommes bien conscients.

 

Vraiment, sérieusement, croyez-moi : on le sait. Cela ne sert à rien de nous dire que notre comportement est exagéré, qu’on “se fait des films” : c’est justement le propre de ce genre de trouble. Nous savons bien, bien sûr, que les choses que nous imaginons dans nos crises d’angoisse sont disproportionnées et qu’elles sont peu susceptibles de nous arriver. Et c’est justement ce qu’il y a de plus frustrant : Savoir qu’on est en train de paniquer pour une chose qui ne devrait pas (logiquement) nous paniquer, mais être incapable de contrôler cette émotion d’angoisse et de peur. C’est comme si on avait dans notre cerveau un système d’alarme incendie défectueux, qui enclencherait ses sirènes même à cause de la plus petite poussière ou de la fumée la plus légère.

 

3. Avec l’anxiété, il y a des bons comme des mauvais jours.

 

Bien sûr, tout le monde a ses mauvais jours et ses bons jours… Mais c’est encore plus vrai avec l’anxiété, et parfois les personnes qui en souffrent aimeraient bien que leur entourage proche se rende compte de ce que cela implique réellement : Il y a des jours où l’anxiété est plus forte que d’autres, et des jours où nous sommes calmes. Et cela influe sur la manière dont nous réagissons aux différentes situations, ce qui peut nous donner l’air imprévisibles.

 

4. Les crises d’anxiété font mal. Mentalement, mais aussi physiquement.

 

Certains pourraient dire que la douleur émotionnelle est encore ce qu’il y a de pire — mais la plupart des gens savent cela, sans savoir qu’il existe aussi une douleur physique. Alors, surprise ! L’anxiété fait mal. Lors des crises de panique, on sent notre poitrine se serrer au point d’avoir l’impression que nos poumons vont exploser, comme si on ne pouvait plus respirer. L’anxiété peut aussi donner des migraines, des nausées, palpitations cardiaques, tension musculaire, insomnies, épuisement, vertiges… Certaines personnes ont le sentiment de se faire arracher les boyaux, d’autres contractent leurs muscles tellement fort que leur corps entier se retrouve courbaturé.

Oui, ça fait mal. Ça ne fait pas mal de la même manière pour tout le monde, mais ça fait mal.

 

5. Nous ne sommes pas tous égaux devant l’anxiété.

 

Il n’y a pas qu’un seul type d’anxiété, mais bien une multitude de types d’anxiété différentes — et chaque personne peut vivre l’anxiété à sa façon. Certaines personnes souffrent d’anxiété sociale, d’autres ont des troubles de l’anxiété généralisés, d’autres encore ont des phobies bien précises. Certains souffrent de l’anxiété à cause de leurs gènes, d’autres développent l’anxiété à cause de certains évènements dans leur vie. Pour certains, l’anxiété est simplement due aux réactions chimiques dans leur cerveau. Certains seront anxieux toute leur vie et n’y pourront rien, pour d’autres ce ne sera qu’un passage dans leur vie. Certains arriveront à surmonter l’anxiété et à trouver un moyen de la rendre plus acceptable. Il y a des personnes qui prennent des médicaments, et des personnes qui n’en prennent pas. C’est comme ça.

 

6. L’anxiété et la dépression sont liées.

 

Bien sûr, toutes les personnes anxieuses ne sont pas forcément dépressives, et toutes les personnes dépressives ne sont pas forcément anxieuses. Mais les deux sont des compagnons communs — et l’un peut guider l’autre.

Bien sûr, je pense que beaucoup de personnes savent déjà cela… Mais je veux que vous réalisiez que les personnes qui souffrent de cela le savent, eux aussi. Nous en sommes très conscients, et cela peut même nous rendre extrêmement anxieux ou déprimés (et pour le coup, c’est une peur plutôt rationnelle, quand on sait ce qu’implique la dépression !)

 

7. Sauf si on vous y invite de manière explicite, quand il s’agit de l’anxiété d’une autre personne, vous feriez mieux d’écouter plutôt que de parler.

 

Vous savez, quand vous dites quelque chose de méchant sur quelqu’un de votre famille, mais que si une autre personne que vous le disait, vous auriez envie de lui casser la figure ? Eh bien c’est pareil.

Aussi — et ça devrait aller sans dire, — ce n’est jamais une bonne idée de parler de la santé mentale de quelqu’un avec une autre personne sans qu’il le sache. Si quelqu’un s’est ouvert à vous et vous a dit quelque chose à propos de lui-même, surtout ce genre de chose, cela ne veut pas dire qu’ils ont envie que d’autres personnes le sachent. Ce genre de problème est encore fortement stigmatisé, et beaucoup sont ceux qui ne souhaitent pas vraiment sachent ce qu’ils vivent au quotidien. Pour certains, c’est même justement l’une des choses qui les rend le plus anxieux. Alors, il vaut mieux éviter ça.

 

8. Aussi frustrants, insupportables, suffocants, épuisants et déchirants qu’ils soient, nos expériences et nos problèmes avec l’anxiété font partie intégrante de nous, et nous ne serions pas totalement nous-mêmes sans eux.

 

C’est, je pense, une chose que les gens qui souffrent de troubles de l’anxiété (moi y compris) ont du mal à comprendre et à appréhender. Nous passons tellement de temps à essayer de combattre cet ennemi intérieur que cela peut devenir comme une seconde forme de conscience au sein même de notre cerveau : Un combat que nous devons mener sans cesse, afin d’espérer vivre une vie remplie, heureuse et productive. Mais la réalité de la situation, comme toujours, est un peu plus complexe que cela.

Même si l’anxiété est une chose que nous devons gérer au quotidien, elle n’en reste pas moins une partie intégrante de nous. Elle nous influence dans les choix que nous faisons, dans notre manière de voir le monde, elle façonne même petit à petit notre personnalité.

La voir uniquement comme un ennemi ou une chose à soigner, c’est rejeter cette partie de nous et lui retirer toute valeur.

C’est difficile à accepter, et pourtant cela peut faire énormément de bien. Il est tout à fait acceptable d’être une personne anxieuse, et il n’y a aucune honte à avoir.

 

Et finalement, la chose la plus importante que les gens devraient savoir :


 

9.  Si vous connaissez quelqu’un qui souffre de cela, demandez-leur ce que vous pouvez faire pour les aider, idéalement à un moment où ils ne sont pas en pleine crise de panique.

 

La pire chose que vous puissiez faire, c’est d’en rajouter une couche… Et c’est plutôt délicat, car vous pourriez le faire sans même vous en rendre compte. Les personnes qui souffrent de ce genre de trouble sont souvent hypersensibles et perçoivent beaucoup de choses dans les comportements des autres. C’est peut-être aussi cela qui conduit à l’angoisse — le fait de percevoir, justement, trop de choses.

 

La frustration que vous ressentez face à nos pensées qui partent en sucette, votre fatigue, le fait que vous nous trouviez difficiles à supporter, votre agacement, votre désir que nous puissions tout simplement nous arrêter quand nous faisons une crise : Nous savons que vous ressentez ces choses. Cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Et puis, nous ressentons cela aussi envers nous-mêmes, ne l’oubliez pas. Nous aussi, nous sommes frustrés, fatigués, énervés envers nous-mêmes. Et nous aussi, nous aimerions vraiment pouvoir tout simplement nous arrêter au beau milieu d’une crise. En fait, la seule différence entre vous et nous, c’est que nous ressentons cela tout le temps. C’est pourquoi nous comprenons ce que vous ressentez à notre égard, et nous ne vous en voulons pas pour ça — c’est même tout à fait normal.

 

Et si vous demandez et que la personne ne sait tout simplement pas ce dont elle a besoin, sachez que tout le monde a besoin d’amour, surtout ceux qui ont tendance à ne pas s’aimer eux-mêmes à la base. Vraiment, c’est parfois surprenant à quel point des petites choses peuvent tout changer : Un sourire, un petit mot rassurant, un compliment, un sandwich…
 

L’amour et l’affection, voilà ce qu’il faut. C’est en général difficile de se tromper, avec ces choses-là.

Derniers Articles