Que cherche les jeunes sur Tinder... - Page 1/3

Que l’on s’en attriste ou que l’on s’en réjouisse, les applications et les sites de rencontres font partie intégrante du paysage numérique. Et ce, pour le plus grand plaisir des jeunes qui en usent et en abusent. Y trouvent-ils pour autant l’amour ? Rien n’est moins sûr. Mais à une période troublée par un contexte économique morose, faut-il s’en étonner ?

L’étude vient de paraître dans Population & Sociétés, le bulletin mensuel de l’Institut national d’études démographiques (Ined). Conduite par Marie Bergström, elle montre que les jeunes consomment de plus en plus de sites de rencontres : entre 2006 et 2013, le taux d’utilisation chez les 26–30 ans est ainsi passé de 19 à 29%. Ce chiffre décline ensuit très doucement à mesure que l’âge augmente (21% chez les 31-35 ans et 16% chez les 36-40 ans) pour finir à 3% chez les 61-65 ans. « Les jeunes sont de grands utilisateurs de sites mais ils sont relativement peu nombreux à rencontrer leur conjoint sur Internet. Entre les sorties, les amis, les études… Ils ont de multiples autres occasions de trouver leur partenaire », analyse la chercheuse.

Pourquoi diable y ont-ils recours si ce n’est pas pour se caser ? « Parce qu’ils sont dans une logique de compulsion permise par la révolution sexuelle des années 1970 », répond le psychanalyste François-Xavier Bonifaix qui n’hésite pas à comparer cette génération avec celle des bonobos ! « Nos jeunes imitent ces petits singes qui "tirent un coup" dès qu’ils sentent venir le stress, c’est à dire souvent contexte économique oblige, analyse avec humour ce spécialiste. Le sexe a toujours été un palliatif aux crises. Comment peut-on se projeter avec quelqu’un quand on ignore de quoi sera fait demain ? Mais plutôt que de reconnaître leur peur de l’engagement, ils justifient leur hyperconsommation numérique par le fait qu’ils ne trouvent pas la bonne personne. En réalité, c’est parce qu’ils n’en ont pas vraiment envie. En tous cas pas tout de suite… »

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