La porn! L’ami du célibataire... L’ennemi du couple

Je ne sais pas si c’est un signe que je vieillis, mais quand je regarde de la porn, je me rends compte que je m’attarde plus au dialogue qu’à l’action.

 

Eh oui, c’est dit, je regarde de la porn. Le plus drôle là-dedans, c’est que tu ne peux pas me juger, car toi, qui lis ces lignes, tu en regardes aussi.

 

 

Pourquoi on le fait? Parce que c’est là. Quelques clics sur un ordi et on trouve ce qui nous allume. Il n’y a pas si longtemps, c’était quelque chose de difficile à trouver. Un peu comme pour une chasse au trésor, il fallait partir en expédition pour mettre la main dessus.

 

Si on remonte à ma génération, c’était hyper tabou.

 

Le seul endroit où on en trouvait, c’était dans les revues placées sur la dernière rangée au dépanneur. Et, pas question d’en acheter, on était beaucoup trop gêné.

 

Pour les nostalgiques

 

Ado, c’était la section des brassières dans le catalogue Sears qui faisait la job. Des fois, par miracle, un de tes chums tombait sur la collection de Playboy de son père, et là, c’était le nirvana. La Mecque de la pornographie. Ces revues sont aujourd’hui en voie d’extinction. Les seuls qui en achètent encore sont les nostalgiques.

 

Et aujourd’hui? Tout le monde a sa filière de porn personnelle cachée dans son ordinateur. Oui, oui, faites pas semblant, je parle de celle qui est cachée dans le dossier «Vacances à Cuba 2009».

 

Mais disons les vraies choses: la porn a littéralement chambardé notre sexualité. Pour le meilleur? Pas certain. Pour le pire? Clairement! D’abord, ça nous a ajouté de la pression au lit. Soyons réalistes, personne ne peut durer aussi longtemps. À tous les hommes qui viennent de dire: «Ben oui!» je vais vous laisser vivre votre moment magique dans votre tête. Vos prochains rapprochements devraient vous ramener à la réalité.

 

Mais le pire effet de la porn, c’est le changement dans notre perception de la réalité. À une certaine époque, quand on était seul pour s’amuser (je fais attention, je sais qu’il y a des jeunes qui me lisent), on se fiait à nos souvenirs, aux images de nos propres expériences pour se satisfaire. Mais maintenant, j’entends de plus en plus de boys parler du fait que c’est impossible d’arriver à leurs fins sans se connecter sur un site de cul.

 

Accro aux fantasmes

 

On est devenu accro aux images de trips à trois et de lesbiennes, et... j’arrête ici. Vous avez déjà en tête les images des autres options. Mais comment voulez-vous qu’on tripe au lit, seul ou en couple, quand notre réalité est loin d’accoter tous ces fantasmes qui sont disponibles pour nos yeux?

 

Je me demande aussi quel impact ça peut avoir sur nos ados. Est-ce qu’ils sentent la pression de reproduire exactement ce qu’ils voient sur leurs ordis? (J’espère que vous n’êtes pas assez naïfs pour penser que leurs yeux sont vierges.) On leur parle des dangers de la drogue et de l’alcool, mais je ne suis pas sûr qu’on est game d’avoir avec eux cette discussion sur la distorsion de la réalité que la porn exploite.

 

En même temps, que ce soit clair, je suis loin de jouer à la vierge offensée. Comme je l’ai dit, je suis aussi un consommateur. Mais je vous confesse que l’impact que ça a sur ma vie sexuelle commence à m’agacer. Non, je n’en abuse pas au point d’entrer en désintox de porn, mais je trouve ça dommage que ça ait tué les images de mes aventures personnelles que j’ai travaillé fort pour obtenir.

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