Les probiotiques le vrai et le faux... - Page 1/3

Le vrai-faux sur les probiotiques

En rétablissant l’équilibre de notre flore digestive ou vaginale, ces micro-organismes peuvent prévenir ou soigner nombre de nos maux. A condition de savoir les utiliser.

Tous les probiotiques se valent

Faux. Il existe de très nombreuses souches (des sortes de sous-espèces) de probiotiques et elles sont loin d’être équivalentes. « Tout dépend de la pathologie que l’on cherche à traiter » indique le Pr Thierry Piche, gastro-entérologue au centre de gastro-entérologie et d’onco-médecine du CHU de Nice. « Par exemple, dans les cancers digestifs et les colopathies fonctionnelles, les probiotiques qui ont le plus d’efficacité sont des bifidobactéries et des lactobacilles. Leur prescription doit alors être effectuée par un médecin qui connaît les études réalisées sur le sujet et est à même de choisir la bonne souche pour le bon patient. » Rien à voir en effet entre Lactobacillus rhamnosusqui a fait ses preuves notamment contre les infections bactériennes vaginales, et les levures Saccharomyces boulardii, prescrites dans la gastro-entérite aiguë du nourrisson. Ou encore entre Bifidobacterium lactis qui protège des infections digestives et Streptococcus thermophilus, utilisé dans la production du yaourtMême si certaines souches peuvent parfois être utilisées en association les unes avec les autres… 

Les probiotiques sont utiles seulement dans les troubles digestifs

Faux. C’est bien en gastro-entérologie que les recherches sur les probiotiques ont débuté, mais des études ont été menées par la suite dans de nombreux autres domaines allant de la gynécologie à l’allergologie. Concernant la sphère digestive, « les probiotiques font clairement partie des traitements à utiliser dans le syndrome de l’intestin irritable » indique le Pr Piche. « Et ils ont montré leur efficacité en cas de pochite (une forme particulière d’inflammation survenant dans la rectocolite hémorragique). Dans la prévention des récidives de diarrhées infectieuses, c’est Saccharomyces boulardii qui a fait ses preuves. »
C’est surtout en gynécologie que les probiotiques ont aussi intéressé les médecins. « En particulier sur la vaginose bactérienne, une infection qui est le prototype du déséquilibre du microbiote vaginal » précise le Dr Jean-Marc Bohbot, infectiologue à l’institut Fournier à Paris. « On sait ainsi que le traitement antibiotique de la vaginose est plus efficace quand il est couplé à des probiotiques, et que ceux-ci, même donnés seuls, ont aussi un intérêt. »
Le champ d’action des probiotiques s’explique par les vastes répercussions du déséquilibre de notre flore digestive ou vaginale sur l’ensemble du corps. Ce déséquilibre peut en effet être impliqué localement (au niveau intestinal ou gynécologique) mais aussi plus largement dans les allergies, l’obésité, voire des troubles du comportement. L’utilisation de probiotiques adéquats pourrait alors rétablir l’équilibre perdu. Mais on en est là au stade de la recherche uniquement.

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